Musée Saint-Raymond, musée des Antiques de Toulouse [Toulouse, 31]

Exposition : Annie Favier. La poétique des ruines (archive)

du 15 décembre 2012 au 3 mars 2013

Tarif : 3 €
Tarif réduit : 1,50 E
billet couplé musée + exposition : 5,50 €

Une fois n’est pas coutume : le musée Saint-Raymond propose un dialogue entre vestiges archéologiques et art contemporain.
Cette exposition convoque passé et présent en mettant en regard des huiles sur toile, kraft et papier de l’artiste haute-garonnaise Annie Favier avec des fragments sculptés sortis des réserves du musée.

Si, depuis le Quattrocento, « les ruines sont des restes qui se sont vus assigner une dignité symbolique et esthétique », selon le mot de Michel Makarius, il ne s’agit en rien ici d’une promenade didactique ou bucolique. À travers le spectre de ses oeuvres, ce ne sont ni les ruines en tant qu’objets de savoir, ni une réflexion morale sur « la sagesse des temps passés » qu’Annie Favier entend donner à voir.
Miroir reflétant la projection culturelle de l’observateur, la ruine incarne l’image d’une actualité disloquée, éparse. Sous les traits du peintre, l’enchevêtrement de débris traduit l’accélération de la cadence événementielle, la suspension du sens de l’histoire et l’isolement – paradoxal, à l’heure des hautes technologies de communication – de l’individu dans le corps social. De ce chaos, pourtant, naît l’expérience du beau.
Trois cents ans après la naissance de Denis Diderot (1713), père de la « poétique des ruines », l’installation invite l’observateur à méditer sur les temporalités d’humanités fragmentaires et fragmentées, mais aussi à retrouver, au gré d’une visite, l’essence d’être en un espace-temps qui se joue de la mesure des chronographes.

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