Musée Soulages [Rodez, 12]

Exposition : Claude Lévêque "Le bleu de l'oeil" (archive)

du 25 avril au 27 septembre 2015, PROLONGEE jusqu'au 31 octobre

PROLONGATION jusqu'au 31 octobre 2015

Horaires :
Avril–mai–juin et sept 2015 :
du mardi au dimanche inclus de 11h à 19h
juillet-août 2015 :
lundi de 14h à 18h et du mardi au dimanche inclus de 10h à 19h, ouvert le 14 juillet et 15 août
octobre :
du mardi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 18h
samedi et dimanche de 11h à 18h

Fermetures de septembre à juin :
lundi, 1er janvier, 1er mai

Tarif
normal : 9€ (billet unique valable 28 jours)
réduit : 5€
gratuit pour : moins de 18 ans, étudiants, demandeurs d'emploi, allocataires du RSA, titulaires du minimum vieillesse, accompagnateur groupe, titulaires d'une carte de presse, de la carte Ambassadeur de l'Aveyron, de la carte Icom, Icomos, personnel des musées de France, artistes membres de la Maison des Artistes, donateurs

Le musée Soulages présente l’exposition Claude Lévêque « Le Bleu de l’Oeil ».

Pour cette troisième exposition temporaire Benoît Decron, directeur et conservateur en chef des musées du Grand Rodez, a invité l’artiste majeur de la scène artistique française et internationale à imaginer une installation pour le musée Soulages.
L’installation se prolonge dans la ville de Rodez jusqu’au musée Fenaille avec un parcours ponctué par une vitrine de magasin abritant deux phrases de néon.

Le Bleu de l’Oeil
Soudain le ciel était devenu bleu. Il n’était pas seulement bleu, mais bleuissait, et bleuissait. C’était un bleuissement si délicat qu’il vous berçait de la certitude que cette délicatesse ne cesserait jamais. Ce bleu-là faisait resplendir la forêt tout entière. Et en même temps, le comédien, poursuivant sa route, voyait dans cette illumination des choses qui l’entouraient la lumière d’un dernier jour, « de mon dernier jour ». Peter Handke, La Grande Chute, Gallimard, Paris, 2014

À travers une scénographie unique, Claude Lévêque invite le visiteur à se confronter à sa propre histoire. La proposition dans la salle des expositions temporaires du Musée Soulages renvoie à d’autres dispositifs in situ comme Le Grand Sommeil (Mac/Val, 2006), Le Rodeur (Palais Farnese, Rome, 2006), The Diamond Sea (CRAC de Sète, 2010) ou Sous le plus grand chapiteau du monde (Musée du Louvre, 2015).

Pour "Le Bleu de l’œil" au musée Soulages, le visiteur se déplace dans une clarté nocturne sous le ciel ou sous l’océan. Entouré d’ondulations bleutées, son pas s’enlise. Une déambulation dans un espace éthéré à la fois liquide et aérien, parcourue de vibrations qui perturbent la perception sensorielle du lieu. L’installation du musée Soulages révèle comme une fiction à la fois majestueuse, romantique et mystérieuse. Artiste sans concessions, Claude Lévêque isole le regardeur dans sa construction, une clairière éclairée çà et là d’éclairs de chaleur.

Le Châtiment au musée Fenaille
Le musée Soulages sera le point de départ d’un parcours qui ira du musée Soulages au musée Fenaille, écrin d’art et d’histoire, avec un dispositif lumineux intitulé Le Châtiment. L’installation placée au centre du musée, tient en une interminable branche de bois, torse et desséchée, dressée sous le ciel de la verrière obscurcie. Cette sculpture conjugue le hasard de la collecte, un bois flotté aux formes fantastiques, et son tressement de néon rouge. Un signe, une écriture. « Une manière de décaper visuellement un dispositif qui sied habituellement aux musées de sculpture, ce « syndrome d’Orsay » », déclare Benoît Decron.

Parcours dans la ville de Rodez
Deux phrases de néon seront positionnées dans la vitrine d’un ancien commerce de la ville de Rodez pour ourler et ponctuer le parcours d’un site à l’autre. Ces phrases ont une graphie fracturée, avec l’autorité d’un sens lapidaire, sans issue.Ces manifestations complémentaires composeront ce que le musée imagine avec l’auteur comme un punctum monographique, également un parcours initiatique.Claude Lévêque est reconnu depuis de nombreuses années comme un artiste majeur de la scène française et internationale. Ses œuvres se réfèrent à la culture populaire, à l’environnement quotidien et aux images mentales. Il crée des ambiances, des environnements et des objets tout en élargissant la dimension de l’installation par l’utilisation de l’efficacité sensorielle de la lumière et du son. Jouant de la capacité des œuvres à provoquer des émotions visuelles et sensibles, il bouscule les habitudes perceptives et réactives des références culturelles nécessaires à sa création.

« L’essentiel de l’oeuvre de Claude Lévêque consiste en installations qui articulent objets, sons et lumières et s’emparent puissamment des lieux et des spectateurs. Il développe ainsi, depuis le début des années quatre-vingt, un univers du saisissement, à mi-chemin entre coercition et ravissement. Mémoire traumatisée ou nostalgique des émerveillements de l’enfance, ambivalence des signes et des affects, rage du désir, révolte devant la difficulté d’être et la violence du monde, l’univers de Lévêque trouve son matériau et focalise son objet dans la destruction. L’inconfort ou l’inquiétude existentielles qui sourdent de ses mises en scène, l’ambiguïté des sentiments que suscitent ses dispositifs emblématisent les formes contemporaines du contrôle social et de l’oppression — servitude volontaire ou non. « Nous voulons en finir avec ce monde irréel » proclame un néon de l’artiste, dans une écriture manuscrite dont les lettres tremblées, fiévreuses, figurent la condition dominée et/ou rebelle. Il s’agit d’une phrase de Florence Rey, fascinante icône française de la violence nihiliste. Cet énoncé radical donne le ton de l’oeuvre souvent théâtrale, spectaculaire, impressionnante de Lévêque. Elle n’use pourtant que de la dissymétrique force des faibles. Art total et art pauvre, art du réel dans sa cruauté et art du rêve dans ses inquiétants labyrinthes, art de l’égarement, entre panique et merveilleux. »
Texte de Christian Bernard pour le catalogue général de la 53ème Biennale de Venise

Commissaires de l'exposition :
Benoît Decron, conservateur en chef du patrimoine, directeur des musées du Grand Rodez
Aurore Méchain, attachée de conservation
Amandine Meunier, régisseur des collections

Voir le dossier de presse ICI

www.claudeleveque.com

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