Muséum et Musée du marbre [Bagnères-de-Bigorre, 65]

Exposition : La Marbrerie Rivière (archive)

du 27 juillet au 20 novembre 2016

Ouvert du mercredi au dimanche de 14h30 à 18h

LA MARBRERIE BAGNÉRAISE RIVIÈRE
Rue du Martinet (1)

Près du martinet fut installée en 1852 une scierie à marbre. Deux ouvriers Bagnérais, Peyrouton et Betbèze, s’associèrent pour y créer une nouvelle marbrerie.

Au cours de l’année 1859, Etienne RIVIERE, propriétaire à Sainte Christie (Gers), acquit la scierie à marbre et en 1865, l’ancien martinet ainsi que les terrains alentour.
Après le décès de Peyrouton et le départ de Betbèze, M. Rivière devint lui-même marbrier. D’abord associé à M.Verdun, maître charpentier, et à M. Fages, dessinateur à la marbrerie Géruzet, après la guerre de 1870, il dirigea seul sa marbrerie et commença à la moderniser.
Son fils Emile lui succéda. D’un caractère énergique et tenace, celui-ci agrandit considérablement son usine. Equipée d’un outillage perfectionné, « LA MARBRERIE BAGNÉRAISE » connut avec lui des années de prospérité, au point d’éclipser plusieurs de ses confrères.

La situation de cet établissement, tout proche du quartier thermal, était un atout commercial non négligeable, tant pour les Bagnérais que pour les curistes. Ces derniers achetaient des souvenirs, ces « riens » en marbre selon le terme de l’époque : presse-papier, encriers, règles, cendriers, petites pyramides…. Mais la maison RIVIÈRE pouvait aussi tailler des cheminées de style, des dessus de meubles façonnés …. pour la clientèle de la ville et d’ailleurs.

En 1905, Emile RIVIÈRE obtint la partie communale de la petite place du Pont d’Arras, avec une condition suspensive : en échange de cette cession, de prendre à sa charge l’élargissement du vieux pont ainsi que la reconstruction de la Fontaine Saint-Blaise, sortie de ses ateliers en 1906.

Cette marbrerie, transmise de père en fils, résista à la guerre de 1914-1918. Mais celle de 1939  lui porta gravement atteinte et Edmond RIVIÈRE, successeur d’Emile, grand blessé de «la Grande Guerre », se résigna avec tristesse à sa fermeture après 1950.

Toutefois, « LA MARBRERIE BAGNÉRAISE » avait franchi les caps difficiles et réussi à durer un siècle.

NOTES

(1) Rue du Martinet : du nom d’une forge ou martinet établie dans celle-ci. Charles Samaran, Gens et choses de Bigorre : « De quelques documents médiévaux concernant la Bigorre et spécialement Bagnères », 1967.
Un acte notarié, rédigé en latin en 1328 prouve l ‘existence d’un moulin à foulon, dit de batan, à côté du moulin d’Arras et sur le ruisseau de l’Anou. Il s’agit de l’inféodation accordée à Guillaume d’Arras, bourgeois de Bagnères.

La rue du Martinet était située sur la «terre d’Arras » possédée au XVIème siècle par la famille d’Asson, seigneur d’Argelès… qui détenait aussi à Bagnères la Terre de Barèges.
La terre d’Arras était bornée au levant par les terrains du couvent de Dominicains (devenu le Centre Hospitalier), et au couchant par les communaux de la Rouquette.

(2) Bulletin de la Société Ramond 1939, E.Soye «Dans Bagnères ancien : Le Pont d’Arras – Les Vergers. »
Du Pont d’Arras montait le chemin de la Rouquette et descendait la rue du Martinet. A partir de ce pont, jusqu’au–delà de la Fontaine de la rue Saint-Blaise, s’était implanté dès le moyen âge un quartier artisanal, celui des «chrestias » ou «cagots » désignés ici sous le nom de «capots », charpentiers, tisserands, cloutiers…

(3) Archives Communales de Bagnères : Eugène Bérot, archiviste municipal, «Jeunes notes sur de vieilles choses» (1899-1932) Cahier N°5

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