L’Entrave, marbre
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Cette œuvre est un groupe sculpté par Jean Jules Pendariès (1862-1933) entre 1909 et 1910. Il voulait représenter le drame de la rupture d’un couple et il l’intitule « L’Entrave »
Deux êtres s’aiment. « On fait serment en sa folie, de s’aimer toute la vie ». Puis la flamme tombe en veilleuse et elle finit par s’éteindre. On devient las, désabusé peut-être désillusionné. On cherche à se séparer, parfois non sans un profond déchirement car un des deux partenaires n’est pas tout à fait lassé. Il voudrait prolonger le « doux rêve d’amour ».
Cette idée, Pendariès souhaitait la traduire en sculpture. Il voulait figurer une expression de la vie intérieure, une crise morale, des sentiments bercés par les souvenirs d’instants de folie, fanés un peu par le temps. L’ensemble du groupe nous apparaît sous la forme d’un homme qui éprouve la nécessité de se libérer en fuyant, de briser la chaîne qui le retenait rivé à sa compagne. Il a le désir impératif d’aller vers d’autres horizons. La femme accroupie voudrait le retenir de toutes ses forces, paralyser sa marche en lui embrassant la main. D’un côté l’amour fidèle, tenace et soumis, de l’autre l’émancipation, la libération.
Pendariès a réussi à transposer en marbre ces émotions, non sans difficultés, car à l’expression des sentiments vient s’ajouter la nudité des personnages qui implique un travail sur l’anatomie. Le réalisme obtenu est d’autant plus fort que la torsion des corps, la tension des muscles, la pression des membres est palpable et que les positions tourmentées traduisent de la grâce dans leurs attitudes. L’instant est dramatique mais la séparation est digne et respectueuse.
Le Musée des beaux-arts a acquis cette œuvre en 2008, suite à une vente aux enchères, grâce à la Société des Amis des Musées et du Patrimoine de Gaillac. Le groupe avait été laissé de nombreuses années dans un jardin avant de passer en salle des ventes. Le nettoyage, fut donc long et fastidieux, tant les intempéries n’avaient pas épargné notre couple. Il permit aussi de faire resurgir la signature de l’artiste.
Avec cette version en marbre, le Musée possède donc toutes les Entraves de Pendariès puisqu’elle a été réalisée également en plâtre pâtiné ainsi que coulée en bronze.