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Fiche Œuvre

Locuste remettant à Narcisse le poison destiné à Britannicus, en fait l’essai sur un jeune esclave

Locuste remettant à Narcisse le poison destiné à Britannicus, en fait l’essai sur un jeune esclave par Xavier Sigalon © Florent Gardin
Artiste

Xavier Sigalon

(1787 Uzès - 1837 Rome)
L’artiste
Chronologie
1824
Technique
Huile sur toile
Dimensions
227 cm x 294 cm
Numéro d’inventaire
IP163
Collection
Peintures françaises
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Le jeune Sigalon, formé à Nîmes auprès de Monrose, puis à Paris dans l’atelier de Guérin à partir de 1817, s’était distingué en exposant au Salon de 1822 La Courtisane, achetée par le Louvre. La qualité de cette première participation le place aux côtés de Delacroix comme un des espoirs de la peinture romantique.
Xavier Sigalon a utilisé pour le noir du bitume. Il était beaucoup employé par les peintres au XIXème siècle mais ils ont cessé de l’utiliser à la fin du siècle car il causait beaucoup de dégâts. La peinture se crevasse car elle ne sèche jamais complètement.

Le sujet de Locuste lui fut inspiré pendant la représentation du Britannicus de Racine par ces vers de Narcisse à Néron : « Seigneur, j’ai tout prévu. Pour une mort si juste / Le poison est tout prêt ; la fameuse Locuste / A redoublé pour moi ses soins officieux ; / Elle a fait expirer un esclave à mes yeux, / Et le fer est moins prompt à trancher une vie / Que le nouveau poison que sa main me confie ».
La scène a lieu dans une caverne où le jour arrive à peine. Narcisse, assis, contemple l’agonie du malheureux esclave sur lequel la sorcière a fait l’expérience du poison qui doit délivrer Néron de Britannicus (Britannicus doit être nommé empereur).
Vieille et décharnée, Locuste, debout à ses côtés, désigne sa victime agonisante et vante à Narcisse son filtre mortel. L’intensité dramatique est accentuée par la lumière conduisant le regard sur le corps arc-bouté de l’esclave et son visage aux yeux révulsés.

Révélation du Salon de 1824, la Locuste fut achetée par le banquier Laffitte, puis échangée contre un autre tableau de Sigalon, sa femme ne pouvant supporter la cruauté d’une telle représentation au quotidien. En 1829, le peintre entreprend des démarches auprès de sa ville natale pour faire acheter l’œuvre. L’acquisition est faite en 1829, le musée conserve également une étude préparatoire de l’œuvre et d’autres œuvres de cet artiste.

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