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Occitanie Musées est l'Association des Conservateurs et Personnels Scientifiques des Musées d’Occitanie. Elle regroupe les personnels scientifiques des Musées de France et des établissements à but culturel et patrimonial de la région Occitanie. Elle fédère plus d’une centaine de professionnels dans tous les domaines d'activités des musées (direction, conservation, médiation, documentation, régie...). L'Association est une section régionale de l’AGCCPF, Association nationale des conservateurs et des professionnels des musées et des patrimoines publics de France.
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Fiche Œuvre

Portrait de Georges-Paul Manceau

Portrait de Georges-Paul Manceau © Tous droits réservés
Artiste

Jean-André Rixens

(1846 Saint-Gaudens - 1925 Paris)
L’artiste
Chronologie
1913
Technique
huile sur toile
Dimensions
46 X 36,5 cm
Numéro d’inventaire
010.4.1
Collection
Peintures de J-A Rixens
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Un peintre Lochois : le Docteur Georges-Paul Manceau (1872-1955)

I – Sa vie professionnelle

Georges-Paul Manceau est né à Loches le 6 novembre 1872. Son père, tapissier, habitait rue du Château dans la maison dite "La Chancellerie", maison qui communiquait avec son atelier situé place de l’Hôtel de Ville.
Il commença ses études au collège de Loches où il passa son certificat d’études primaires, puis au lycée de Tours (1885-1891). En 1889, il est reçu au baccalauréat ès Lettres et l’année suivante au baccalauréat ès Sciences. Puis il suit la classe de Mathématique spéciale avant d’entrer, en 1993, au lycée Jeanson de Sailly. En 1895, il réussit les concours d’entrée à l’Ecole Centrale et à l’Ecole de Saint-Cyr. Il choisit Saint-Cyr où il rentre avec le grade de caporal. Puis il devient sous-lieutenant au 103è R.I. et, en 1898, lieutenant à ce même régiment.
En 1899, il obtient sa licence de droit avant d’être détaché à l’Etat-Major général de l’armée en 1900. Envoyé en mission en Algérie, il participe à la réalisation de la carte d’Aïne-Tagrout et au tracé de la voie ferrée qui permettra d’acheminer les phosphates des mines de Tocqueville jusqu’à la grande ligne Constantine-Alger, ce qui lui vaudra d’être fait chevalier du mérite agricole (1902). De retour e France, après un congé de trois mois au Val de Grâce, il est nommé Substitut au 1er Conseil de Guerre de Paris.
En 1903, il s’inscrit comme avocat à la Cour d’Appel de Paris et, l’année suivante, devient Docteur en droit. Cette même année, il publie une étude sur "Les insoumis aux lois militaires". En 1905, il donne sa démission d’officier.
En 1908, Georges-Paul Manceau est secrétaire général du Comité Alphonse Chautemps, constitué à l’initiative du député Lochois Alphonse Chautemps pour ériger une statue à Alfred de Vigny, inaugurée le 15 août 1909.

Après le droit, Georges-Paul Manceau décide de se tourner vers la médecine. En 1909, il a 37 ans et commence son P.C.N.. En 1912, il est externe des hôpitaux de Paris et en 1913, il prépare l’Internat.
Pendant la guerre, il est mobilisé à Paris comme capitaine et siège en qualité de substitut au 2è Conseil de Guerre. Il termine ses études en médecine et en 1917 devient docteur après avoir soutenu une thèse au titre ambigu : "Divorce et maladie".
Attaché au cabinet du sous-secrétariat d’Etat de l’administration de la guerre, il est nommé en 1818 expert médico-légal militaire. En 1919, il est répétiteur à la Faculté de Médecine de Paris et en 1920 moniteur de gynécologie et d’accouchement à l’hôpital Baudeloque. L’année suivante, il devient médecin-assistant adjoint à ce même hôpital.
La médecine ne l’empêche pas de continuer sa carrière d’avocat : après la guerre, il a ouvert 12 rue de Bellechasse (Paris, VIIè) un cabinet où il reçoit à la fois ceux qui viennent consulter le Dr Georges-Paul Manceau "syphiligraphe", et ceux qui viennent consulter Maître Paul Manceau, avocat.
Peu à peu, il va aussi s’intéresser à la politique. En 1923, il est nommé attaché parlementaire au cabinet du Ministre de la guerre et en 1924 attaché parlementaire au cabinet du Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts. Il est également nommé conservateur du Musée des Sports et professeur à l’école Normale de Gymnastique de Joinville.
De 1927 à 1935, il exerce les fonctions de chef de cabinet du Président de la Chambre des Députés, M. Pierre; on le voit donc fréquenter régulièrement le Palais-Bourbon.
La guerre de 1940 l’oblige a quitter Paris. Il a alors 68 ans. Retiré à Loches, il va désormais y vivre ses dernières années, ouvrant un cabinet médical dans la maison de ses parents, cabinet qu’il transfèrera rue Picois, au n°37.
A la fin de sa vie, il découvrira l’art de la tapisserie et, en souvenir de son père, se fera admettre Maître tapissier.
Comme médecin, il se spécialisa dans l’homéopathie et, en 1955, le n°25 du "Bulletin des médecins homéopathes", annonçait la disparition de son doyen et du plus original de ses membres. En effet, Georges-Paul Manceau était décédé à Loches le 5 août 1955 dans sa 83è année. Il s’était éteint auprès de mme Caron, ancienne surveillante générale des Hôpitaux de Paris, qui partagea la dernière partie de sa vie, tenant à ses côtés le rôle officiel de gouvernante. Il est enterré au cimetière de Loches.

II – L’artiste et le journaliste

Très tôt, Georges-Paul Manceau s’intéresse au dessin, à la peinture et à la sculpture. En 1889, il a 17 ans, un de ses dessins est présenté à l’Exposition Universelle. En 1898, il adhère à la Société des Artistes indépendants et , à partir de 1900, il expose régulièrement au Salon des Indépendants.
Son séjour en Algérie lui inspirera plusieurs toiles. Rentré à Paris, il fréquente les milieux artistiques de la capitale et, en 1901, il devient membre de la Société Nationale des Beaux Arts. De 1909 à 1914, il exposera au salon de cette dernière :
1909 :
. Portrait de Mme A… (dessin)
. Le Baiser (sanguine)
1910 :
. Le Pouldu : les arbres de Saint-Julien (peinture)
. Le Pouldu : les sapins de Sterviline (peinture)
1912 :
. Vieille rue à Sarlat (peinture)
. La Seine au Pont Royal (peinture)
. Portrait de Mme M. Merontel (dessin)
. Portrait de M.René Barreyre (dessin)
1913 :
. Parc à Montmorençy (peinture)
. Prairie du Grand Mail à Loches (peinture)
. Portrait de M.Regnault de la Soudière (peinture)
. Etude de Jeune femme (peinture)
1914 :
. Blondeur d’été sur la Dordogne (peinture)
. Fin de journée en Dordogne (peinture)
. Portrait de M.Henri Lejeune (dessin)

En 1913, il a aussi exposé au premier Salon des Artistes Tourangeaux, à Paris, rue de la Boëtie :
. Blondeur d’été sur la Dordogne
. La Seine au Pont Royal
. Marché aux Fleurs à Nice
. Automne à Loches (clochers)
. Arbres au Pouldu
. Prairies à Loches (meules)
Il y présente également une statuette en bronze, Le Père Emile.
Il exposera encore au Paris Moderne et au Paris Salon ainsi qu’ au Salon des Médecins.
Plusieurs de ses œuvres furent achetées par l’Etat :
Les clochers de Saint-Ours à Loches (1905)
Arbres à la Naze (1923)
Poudrière à Loches ou la Grotte de Loches (1902)
La Seine au Pont-Royal (1912)
Ces deux derniers tableaux seront déposés au musée de Loches.
Le musée de Tours possède l’Arbre à la Naze et Automne à Loches ainsi que trois Détails architectoniques de la Cathédrale de Tours.

A Loches, Georges-Paul Manceau s’était installé un atelier dans une maison située rue des Grottes, en dehors –mais tout près- de l’enceinte fortifiée.
Parlant de sa peinture, son confrère et amis, le docteur lochois E.F.Lefort écrivait :
"Portraitiste, mais surtout paysagiste, l’influence de l’impressionnisme est évident. C’est du Sisley retouché par Cézanne, avec de temps en temps un léger coup de griffe de fauve : Vlaminck ou Derain. Ce n’est ni banal, ni léché, ni négligé, et vers la fin de sa vie, plus précis, devenu symboliste, il attachera à chacun de ses sujets un sens. Ce seront alors les compositions où chaque trait, chaque visage entrevu, chaque pan de mur, chaque arbre portent une signification, fruit des méditations de l’artiste."
Ce jugement, ô combien flatteur, ne saurait bien-sûr être objectif, et la comparaison avec les Maîtres cités semble, pour le moins, d’une exagération excessive.

Non content de pratiquer la peinture et la sculpture, le docteur Manceau collabora à plusieurs journaux comme critique d’art et critique dramatique (il sera "médecin de l’Opéra Comique"), notamment au "Tam-Tam" (1901), au "Chroniqueur de Paris" (1905) puis, plus tard, au "Moniteur médical" et au "Concours médical"…
Il écrira aussi divers articles dans plusieurs autres journaux : le "Lochois", le "Gâtinais", la "Revue Internationale de la vaccination", l’"Impartial", la "Revue Paris-ProvInce", etc.
En 1908, il tenta de fonder sa propre revue, intitulée "Qui sait?", mais son existence sera des plus éphémère.
Membre, à partir de 1907, du Syndicat de la presse artistique et de l’Association de la critique dramatique et musicale (dont il devient le conseil judiciaire), il sera également avocat des peintres du Paris Moderne et des Photographes portraitistes français, puis, après 1920, avocat conseil des Artistes Indépendants.

Le docteur Georges-Paul Manceau était un homme à la haute stature, très élégant, portant une barbe très sombre légèrement taillée en pointe. Disciple d’Epicure, tous les témoignages soulignent son immense charme et ses talents de séducteurs…Sa vie particulièrement riche ne manquait pas d’étonner et de fasciner son entourage d’autant qu’il la racontait volontiers. Comme la modestie n’était pas sa principale qualité, il se plaisait à énumérer tous ses titres et à citer ses quatorze décorations, parmi lesquelles la croix d’Officier de la Légion d’Honneur…mais aussi la "médaille d’honneur en argent des Epidémies, à titre militaire".
Militaire, avocat, médecin, peintre, sculpteur, journaliste, homme politique, maître tapissier…
Le docteur Georges-Paul Manceau fut encore directeur d’un laboratoire pharmaceutique et d’une entreprise de produits photographiques…Il eut certainement encore bien d’autres activités!
On peut conclure en disant qu’il fut surtout un "Personnage".

Bernard BRIAIS

À découvrir ici
Musée Arts et Figures des Pyrénées Centrales

Le Musée - Saint-Gaudens

Saint-Gaudens | 31
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