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Occitanie Musées est l'Association des Conservateurs et Personnels Scientifiques des Musées d’Occitanie. Elle regroupe les personnels scientifiques des Musées de France et des établissements à but culturel et patrimonial de la région Occitanie. Elle fédère plus d’une centaine de professionnels dans tous les domaines d'activités des musées (direction, conservation, médiation, documentation, régie...). L'Association est une section régionale de l’AGCCPF, Association nationale des conservateurs et des professionnels des musées et des patrimoines publics de France.
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Fiche Œuvre

Saint Jean à Patmos

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Artiste

Joan Mates

(deuxième moitié du XIVe siècle Villafranca del Penedes - 1431 Barcelone)
L’artiste
Chronologie
Premier quart du XVe siècle
Technique
Tempera sur bois
Dimensions
H. 0,78 m ; L. 0,92 m
Statut administratif
Legs Pierre Briguiboul, 1894
Numéro d’inventaire
894-5-1
Collection
Peinture hispanique
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Ce panneau appartenait à un retable consacré à saint Jean-Baptiste et à saint Jean l’Evangéliste, actuellement démembré. De part et d’autre des saints titulaires accompagnés d’un donateur (Madrid, musé Thyssen-Bornemisza) étaient disposées trois scènes illustrant la vie de chacun des deux saints. On devait trouver, à gauche, la Naissance de saint Jean-Baptiste, sa Décapitation (Barcelone, coll. Part.) et un troisième panneau (perdu ou non identifié) à droite. Saint Jean l’Evangéliste plongé dans une cuve d’huile bouillante, L’épreuve de la coupe empoisonnée (Barcelone, coll. part.) et le Saint Jean à Patmos (Castres, musée Goya). Il manque la Crucifixion, qui couronne habituellement le panneau central, et peut être une prédelle.

La provenance de ce retable n’est pas connue et le donateur représenté sur le panneau central n’a pu encore être identifié avec certitude. La somptuosité de son costume suggère son origine princière ou noble et le choix de ses protecteurs (les deux saints Jean) peut indiquer son nom.

La scène conservée à Castres représente l’apôtre exilé, par ordre de l’empereur Domitien, dans l’île de Patmos où, selon la tradition, il eut les visions de la révélation qu’il a relaté dans l’Apocalypse. Mates a traduit ici l’épisode de l’apparition de la bête à sept têtes, symbole de l’Antéchrist, en interprétant, avec une merveilleuse fantaisie, certains motifs empruntés aux enlumineurs français tels que l’écritoire en forme de niche et le paysage escarpé avec des rochers en vrille surmontés de tours. La multiplication des courbes, le choix arbitraire des couleurs, rouge du côté de l’apôtre et vert du côté de la bête, et le traitement ironique des gueules ouvertes ou de la minuscule barque du passeur (en bas et à droite), révèlent l’un des aspects les plus pittoresques du talent de l’artiste. Egalement caractéristique du maître est sa manière d’indiquer les boucles des cheveux et d’entourer les nimbes d’un cercle noir orné de points blancs. Enfin la confrontation des scènes narratives du retable permet de relever des discordances dues aux différents collaborateurs de l’atelier, en particulier dans l’exécution des figures : les unes allongées et sans modelé comme dans la Naissance de saint Jean-Baptiste, les autres plus trapues, à la manière du Saint Jean à Patmos, enveloppées dans un ample manteau aux plis curvilignes bien marqués. Ces constatations permettent de situer approximativement le retable entre 1415 et 1420.
(Cl. Ressort)

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