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Occitanie Musées est l'Association des Conservateurs et Personnels Scientifiques des Musées d’Occitanie. Elle regroupe les personnels scientifiques des Musées de France et des établissements à but culturel et patrimonial de la région Occitanie. Elle fédère plus d’une centaine de professionnels dans tous les domaines d'activités des musées (direction, conservation, médiation, documentation, régie...). L'Association est une section régionale de l’AGCCPF, Association nationale des conservateurs et des professionnels des musées et des patrimoines publics de France.
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Fiche Œuvre

Tête de Grande Herculanaise

Tête de Grande Herculanaise © Tous droits réservés
Artiste

Anonyme

Chronologie
IIe siècle
Technique
Sculpture en marbre
Numéro d’inventaire
88.11.05
Collection
L’antiquité dans les collections du musée
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Cette très rare tête renvoie à un type bien connu, celui dit « Grande Herculanaise ». L’origine de ce nom provient de la découverte, en 1711, de trois statues, dont une sans tête (acéphale), au niveau du front de scène du théâtre antique d’Herculanum, sur le golfe de Naples. L’autre sculpture complète sera dite « Petite Herculanaise ». Ces œuvres se trouvent aujourd’hui à Dresde. Le type « Grande Herculanaise » connaîtra un destin hors du commun.
La statue initiale, disparue, avait été créée en Grèce, au IVe siècle avant J.-C., par l’atelier du grand artiste Praxitèle, peut-être par l’un de ses fils. L’œuvre connut un succès sans précédent à partir du début de l’Empire romain. Ces statues honorifiques étaient élevées dans des lieux publics, à la vue de tous. Elles rendaient hommage à des femmes importantes, probablement bienfaitrices, appartenant à l’élite locale.
Le grand manteau qui drapait ces corps devenait ainsi l’équivalent de la toge des statues masculines représentant des individus importants. Le type de statuaire créé en Grèce durant l’époque classique s’adaptait bien aux idéaux de pudicitas (pudeur) et de retenue, exigés par la société romaine. Tandis que les corps ne varient pas et restent absolument fidèles au type statuaire remontant au IVe siècle avant J.-C., les portraits présentent quant à eux une certaine variété : réalistes ou bien idéalisés, à l’image de cette tête, en fonction des souhaits de la commanditaire.
La tête de Grisolles a été trouvée à Pompignan derrière l’actuelle cimetière et chapelle Saint-Clair. Bien que le marbre soit émoussé en raison certainement d’un enfouissement long dans une terre humide, on reconnait une sculpture de qualité avec le type idéal grec du nez droit ou encore de la bouche faisant comme une moue. La bouche a malheureusement été abîmée à l’époque moderne par l’ancien propriétaire : un trou permettait d’y mettre une cigarette ! L’arrière de la tête droit et piqueté s’explique par la présence à l’origine d’un plan de collage d’un voile (certainement en stuc) qui la rapproche donc vraiment de la Grande Herculanaise.

Plus de 200 exemplaires de ces Herculanaises, complets ou non, sont aujourd’hui connus et s’échelonnent entre la fin du Ier siècle avant J.-C. et le tout début du IIIe siècle. Cependant, deux exemplaires seulement de « Grande Herculanaise » sont connus en France : à Lillebonne (Seine-Maritime), une statue sans tête, et à Taybosc (Gers), le milieu du corps. La tête du musée Calbet est donc un exemplaire unique en France et de très bonne qualité.

Texte rédigé grâce à l’expertise de Pascal Capus, attaché de conservation, chargé des collections de sculptures romaines et numismatiques, au musée Saint-Raymond de Toulouse

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Grisolles | 82